BUNIA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – L’ Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que l’épidémie d’Ebola au Congo reste maîtrisable d’ici trois mois si les équipes d’intervention reçoivent des ressources adéquates. Selon les dernières données officielles, au 16 août, on dénombre 5 021 cas confirmés et 2 378 décès. L’épidémie touche désormais 55 zones de santé réparties dans six provinces, avec un taux de létalité de 47,4 %. Il s’agit de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de l’histoire du pays et de la deuxième plus importante épidémie d’Ebola enregistrée au monde.

Selon Thierno Baldé, responsable de la gestion des incidents à l'OMS, la réussite de l'endiguement de l'épidémie pendant trois mois dépend fortement de l'obtention des ressources nécessaires. L'organisation a réuni environ 69,3 millions de dollars sur les 115 millions requis, soit près de 60 %. Au cours des deux dernières semaines, les équipes ont ajouté plus de 400 lits de soins, déployé 100 épidémiologistes supplémentaires et mobilisé plus de 500 agents de santé communautaires pour la surveillance et le traçage des contacts. Cette intervention nécessite des véhicules, des ambulances, du matériel médical et du personnel dans une région touchée qui s'étend de plus en plus.
La transmission du virus a désormais atteint le Bas-Uélé, qui devient ainsi la sixième province touchée. Au 12 août, l'Ituri représentait 85 % des cas confirmés et 79 % des décès recensés à l'échelle nationale. Les autorités ont constaté que 70 à 80 % des nouveaux cas n'ont aucun lien connu avec des patients déjà infectés. Des efforts sont déployés pour renforcer la surveillance afin d'identifier plus rapidement les cas et de faciliter le transfert des patients vers les centres de traitement. Le premier cas confirmé en Bas-Uélé avait voyagé depuis le Haut-Uélé avant l'apparition des symptômes le 4 août.
Les efforts de réponse élargis couvrent plusieurs régions touchées
Le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et des Affaires sociales de la République démocratique du Congo a déclaré l'épidémie le 15 mai. Des analyses en laboratoire effectuées à Kinshasa ont confirmé la présence du virus Bundibugyo, une souche moins courante d'Ebola, identifiée pour la première fois dans l'ouest de l'Ouganda en 2007. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola au Congo depuis la découverte du virus en 1976. L'Ouganda a recensé 20 cas confirmés et deux décès, sans nouveau cas depuis le 21 juin. Ces cas concernent des infections importées et des transmissions secondaires parmi les personnes contacts et le personnel soignant.
Il n'existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre la maladie à virus Bundibugyo . Par conséquent, la prise en charge repose principalement sur le dépistage précoce, les soins de soutien, la prévention des infections, la recherche des contacts et les inhumations sécurisées. Les autorités intensifient également leurs efforts de sensibilisation auprès des communautés où les personnes pourraient chercher de l'aide en dehors des structures de santé officielles. Les équipes d'intervention ont formé le personnel local et fourni du matériel d'hygiène afin de minimiser les risques de contamination lors du transport des patients et de la manipulation des corps. Une prise en charge précoce peut améliorer considérablement les chances de survie des personnes infectées par la maladie à virus Bundibugyo.
Le manque de financement persiste malgré une surveillance accrue
Bien que le suivi des contacts se soit amélioré, il demeure inférieur aux objectifs fixés par les autorités de santé publique dans plusieurs zones touchées. Le 12 août, les équipes ont suivi 17 460 des 20 740 contacts répertoriés, soit un taux de suivi national de 84,2 %. Afin d’améliorer le dépistage et de réduire les délais entre l’apparition des symptômes et la prise en charge, les autorités sanitaires ont déployé des épidémiologistes de terrain supplémentaires. Les agents de santé communautaires signalent activement les cas suspects et facilitent l’accès des patients aux centres de traitement. Au 9 août, 155 infections chez les professionnels de santé et 45 décès liés à la maladie avaient été recensés.
L’OMS a déclaré l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai. Les efforts déployés par les autorités nationales et les partenaires internationaux comprennent la surveillance, les analyses de laboratoire, les soins cliniques, les inhumations sécurisées et les initiatives de mobilisation communautaire. Baldé a souligné que les perspectives de confinement à trois mois sont directement liées à l’obtention des ressources nécessaires. Depuis le 9 août, 640 nouveaux cas confirmés et 367 décès ont été recensés dans le dernier rapport hebdomadaire. La riposte se poursuit dans un contexte d’insécurité persistante et d’attaques visant les services de santé dans l’est du Congo.
L’article « Objectifs de confinement d’Ebola au Congo fixés pour une résolution de trois mois, l’OMS fait état de progrès » est initialement paru sur Gulf Outlook : Voir le Golfe au-delà des gros titres.
